11déc.2006
La démocratie n’est pas une excuse à la dictature
« Croire en la démocratie implique d’abord de croire à des choses plus hautes que la démocratie » Ludwig von Mises
S’il y a quelque chose qui m’énerve, c’est l’indulgence que l’on à en France pour les dictatures (parfois en plus un peu selective).
De brillants économistes comme Milton Friedman ont apporté leur concours au redressement de l’économie du Chili et ainsi aidé au retour à la démocratie dans ce pays 10 ans plus tard.
Prospérité et démocratie justement, sapées quelques années plutôt par Allende qui bafoue alors sans scrupules la liberté, la propriété et la sécurité de ses concitoyens pour mettre en place la collectivisation des moyens de production et la dictature du prolétariat avant de causer la venue de Pinochet au pouvoir.
Le cas Pinochet étant largement connu, son décès est l’occasion de faire quelques rappels historiques sur Allende, dont beaucoup parlent, sans rien dire de son régime esclavagiste.
La démocratie n’est pas une excuse à la dictature.
En dépit du programme de l'Unité populaire
Pour les dirigeants du Parti radical :
« Seulement en dehors du système capitaliste se trouve la possibilité d'une solution pour la classe travailleuse »
« Le Parti radical est socialiste et sa lutte est dirigée en vue de la construction d'une société socialiste »
« Nous acceptons le matérialisme historique et l'idée de la lutte des classes comme moyen pour interpréter l'histoire ».
(Déclaration approuvée lors le la 25e Convention nationale du Parti Radical en 1971).
Pour le Parti socialiste :
« La violence révolutionnaire est inévitable et légitime. Elle est le résultat nécessaire du caractère violent et répressif de l'État-classe. Elle constitue l'unique chemin qui mène à la prise du pouvoir politique et économique et à sa défense »
« Il est possible pour le gouvernement de détruire les bases du système capitaliste de production. En créant et en élargissant l'aire de propriété sociale aux dépens des entreprises capitalistes et de la bourgeoisie monopolistique, nous pourrons leur faire quitter le pouvoir économique »
« L'État bourgeois au Chili ne peut servir de base au socialisme, il est nécessaire de le détruire. Pour construire le socialisme, les travailleurs chiliens doivent dominer la classe moyenne pour s'emparer du pouvoir total et exproprier graduellement tout le capital privé. C'est ce qui s'appelle la dictature du prolétariat. »
(Convention de Chillán de 1967).
Salvador Allende confirme lui-même cette vision politique dans un entretien avec Régis Debray où il déclare que la signature du pacte de respect de la constitution n'est qu'une concession tactique.
Devenu ainsi le premier président élu démocratiquement sur un programme socialiste, Allende ne dispose pas de majorité parlementaire (36% des voix). Il décide alors de gouverner par décret ce qui lui évite de passer par le Parlement alors que des milices ouvrières se constituent dans les villes et les campagnes pour entretenir une "légitimité" révolutionnaire. C’est ainsi que la grande réforme agraire se met en place et que de multiples entreprises et de sociétés sont réquisitionnées ou nationalisées (dont neuf banques sur dix et les mines de cuivre qui représentent les trois quarts des exportations).
En 1972 commencent les « marches des casseroles vides » par lesquelles les ménagères rapellent qu'elles n'ont plus rien a y mettre.
Durant l’été 1973, de multiples grèves et des insurrections menacent la stabilité du pays alors que Allende n’hésite pas à déclarer : « Si la révolution ne peut passer en souplesse, elle passera en force. »
Le 23 août 1973 le président Salvador Allende, nomme Augusto Pinochet général en chef des armées à la suite de la démission de Prats. Le 11 septembre 1973, le coup d’État.
Salvatore Allende a été élu, et alors !
L'élection n’autorise en rien à ruiner la vie de millions de personnes ni à préparer contre elles des mesures de répression. De même Pinochet n’est aucunement excusé de ses crimes par les referendums successifs qui le maintiennent au pouvoir jusqu’en 1988. www.radio-canada.ca
Elle n’autorise en rien non plus le "Movimiento de la Izquierda Revolucionario" (M.I.R. : Mouvement de la Gauche Révolutionnaire), mouvement de guérilla castriste, fondé en 1965, et dirigé par Miguel Henriquez Pascal Andres Allende neveu de Salvatore Allende justement, ni à 12 autres groupes armés révolutionnaires à sévir au Chili comme avant-garde soviétique en raquetant et tuant. www.mediasnews.com
Il n'y a pas d'excuses à la dictature ni pour Castro ni pour Mao ni pour Hitler ou Lénine élus ou non.
Agenda : Penser à faire remarquer aux Bush qu’envoyer des chicago-boys et plus efficace que des GI pour redresser un pays, Signaler à Chirac que Poutine ne n'est pas vraiment digne de la légion d'honneur.
Castro à l'Elysee 1995
Castro à au CNPF 1995 (encore plus lamentable)
Commentaires
mardi, décembre 12 2006 | 23:33
Patrick,
très bon billet,
A plus tard,
Virginie
mardi, décembre 12 2006 | 23:45
Merci,
je suis très touché
;-)
mercredi, décembre 13 2006 | 21:35
Très bon article, assez juste, qui rétablit l'équilibre sur la perception qu'on a en France de cette époque au Chili.
Ce que je trouve dommage, c'est que Margaret Thatcher n'ait pas été assez critique envers Pinochet, et qu'elle l'ai soutenu jusqu'au bout.
Sinon, attention aux fautes d'orthographe : Bush, GI, ... (!)
mercredi, décembre 13 2006 | 21:40
Je ne critiquerais pas franchement Thatcher sur ce point (pas plus d’ailleurs que les partisans d’Allende dans leur soutient inconditionel), c’est lui attribuer un pouvoir politique bien au dessus de ses moyens, je pense.
Je dirais qu’au fur et à mesure que le régime devient moins dur, la motivation de ses opposants à le combattre ou de ses partisants à renier leur engagement passé diminue avec le temps.
Seul les dictatures qui empirent ont une chance de se terminer dans le sang.
Chacun s’apaise dans ses haines et c’est probablement mieux ainsi. C'est maintenant aux historiens de rétablir les faits.