12mar.2007
Le « droit à » tuer les autres... dans la dignité !?
Dans cette campagne surgit à nouveau la question de l’euthanasie. Tout le monde est évidement sensible aux souffrances qu’éprouvent certains à la fin de leur vie et abréger ses soufrances reléve sans doutes du choix personel. Mais dans un contexte de pénurie croissante des soins propres aux systèmes collectivistes de santé ou les déremboursements de médicaments vont croissants, il convient de lire avec attention ce texte de Rothbard. Ecrit il y à 16 ans aux Etats Unis, il prend un relief particulier compte tenu de la décrépitude avancée de la sécu et de la difficulté curieusement insurmontable qu’il y aurait à former nos médecins aux soins palliatifs, à la lutte contre l’état dépressif des patients. Certains sont ils prêt à tout pour sauver la sécu ?
La traduction est personelle et peut sans doutes être améliorée. L'article original est ici.

Le droit de tuer... dans la dignité ?
Essays of Murray N. Rothbard
Edited by Llewellyn H. Rockwell, Jr.
July 1991
Depuis longtemps maintenant, nous somment assaillis de propagande pro-mort par des brigades de gauchistes. « Droit de mourir », « Droit de mourir dans la dignité » quel qu’en soit la formulation, « droit » d’avoir quelqu’un qui nous assiste au moment du suicide, « droit à l’euthanasie » etc… Jusqu'à présent, les gauchistes on semblé être scrupuleux sur l’aspect d’importance cruciale qu’est le consentement de la victime, car dans le cas contraire, le « droit de mourir dans la dignité » ressemblerait à s’y méprendre au droit de tuer. En conséquence l’euthanasie forcée est en fait un meurtre, pur et simple.
Mais le masque a commencé à tomber. L’une des fameuses propositions mise en avant avec enthousiasme par les forces du « droit de mourir » à longtemps été la possibilité pour le candidat à l’euthanasie de signer un formulaire demandant à sa famille, les autorités médicales, etc., de débrancher la prise dans des conditions spécifiques. Je me suis longtemps interrogée sur cette bonne foi consensuelle du « droit de mourir » et me suis demandé ce qu’il arriverait si quelqu’un avait écrit une volonté de vie courageuse qui favorise plutôt sa propre vie que sa mort.
A présent nous savons, et la réponse pour le moins n’est pas bonne. Helga Wanglie, une vielle dame de Minneapolis, a écrit une « volonté de vie », qui demande de faire tout le nécessaire pour la maintenir en vie si elle venait à rester dans un état végétatif. A présent (1987) elle est effectivement dans un tel état. Son mari, conscient que tant qu’il y à de la vie il y a espoir, fait tout le nécessaire pour faire respecter ses vœux de manière scrupuleuse. Il est à noter aussi que tous les soins d’Helga sont payés par le biais d’une assurance privée, Helga n'est donc aucunement un fardeau pour le contribuable.
Mais alors, ou est le problème ? Le problème est que les autorités médicales, de part leur volonté, ont décidé que depuis que le cas d’Helga est sans espoir, ils ont le droit de la débrancher, ceci à l’en contre de ses vœux. Mais qui sont ces autorités médicales, qui font serment de maintenir leurs patients au mieux de leur capacité, et qui plaident ici pour nulle autre chose qu’un meurtre ? Les Médecins du Minnesota ont décidé qu’Helga Wanglie est inadaptée à la vie et proposent de l’assassiner, tandis que quelques mouvements gauchistes font passer la tentative de défendre la vie des Wanglie pour un combat néandertalien.
Le droit de tuer semble établi dans le corps médical. Ainsi Dr. Steven Miles « autorité morale » de la médecine du Minnesota déclare : « Nous somment certain que l’état de cette personne ne pourra pas s’améliorer, devons nous lui allouer des ressources qui pourraient baisser le coût des soins pour tout le monde ? ». Notez l’importance attribuée au collectif « nous » face à des individus privés du droit de décider des frais qu’ils engageront durant leurs derniers jours, avec des docteurs professionnellement accoutumés à jouer Dieu et qui jouent maintenant au Diable.
Le professeur Oliver Childs, de l’université Maryland déclame : « en dépit des sentiments de la famille… que la décision finale devrait être prise par les autorités médicales. La prolongation de la vie crée un fardeau sur les amis et la famille… elle peut être également très chère. ». Dépenses que l’on devrait donc interdir à la famille de prendre en charge. Mais aucun problème socio médical n’est complet sans déclaration de l’économiste de la santé néoconservateur Harry Schwartz, qui depuis trois décennies d’éditoriaux aux New york Times brocarde les « valeurs d’autonomie individuelles et de sanctification de la vie humaine » qui doivent être subordonnées à des valeurs plus importantes telle que « l’assignation rationnelles » des ressources limité de santé. Il écrit ainsi « la dure vérité est que la majeure partie de ces personnes ne se réveillera jamais. Ainsi le problème de base est pourquoi laissons-nous ainsi beaucoup de légumes recevoir des soins inutiles pendant longtemps. » Selon lui nos systèmes d’assurance médicale, privés et même publics, sont « trop stupidement généreux ». Schwartz conclut : « l’heure d’en finir avec cette absurdité est venue » (Aujourd’hui 30 mai).
Notre spécimen final est Derek Humphry, président de Cigûe, la plus ancienne association militante pour l’euthanasie et qui demande à présent l’exercice d’une pression au consentement. Quel est son point de vue sur le cas présent d’Helga Wanglie ? Il commence par affirmer que le patient « devrait toujours avoir le choix entre la vie et la mort ». Ok, bon mais pour Helga Wanglie ? Ici il adopte une position contradictoire : « si l’opinion unanime des médecins est que le traitement est injustifié, la justice devrait arbitrer le conflit entre les médecins et la famille ». Maintenant, juste une minute ! D’où la justice à t’elle reçu le droit de décider de la vie et de là mort ? Le gouvernement a-t-il plus le droit d’ordonner les meurtres plus que les médecins ? Et selon quels principes la justice est-elle supposé décider lors de cet « arbitrage » ?
Non le masque est tombé, le docteur « Mort Assistée » et Mr. « Mourir cool dans la dignité » ainsi que leurs suivants se sont transformés en Docteur et Mr assassinat. Dehors Mr et Madame Amérique ; les collectivistes, humanistes et médecins, n’en sont plus à réguler votre vie, et alléger vos poches et portefeuilles. Ils sortent à présent pour décider de votre mort ! Les Libertariens ont toujours supposé que les conservateurs étaient en faveur des libertés économiques, et les gauchistes en faveur des libertés civiles, ou personnelles. Cela n’est-il pas une « liberté personnelle » ?
Les excuses de ces tueurs est qu’il est bien plus important d’assurer la qualité de la vie que de la prolonger. Mais que devrait-on alors conclure si une manière d’améliorer la qualité de la vie passait par l’assassina de ces collectivistes, qu’Isabelle Paterson avec une perception merveilleuse et une perspicacité prophétique à nommée « humanistes avec guillotine » ? Envisagerait-on de proposer une pétition pour les aider à se suicider dans la dignité ?
Commentaires
mardi, mars 13 2007 | 10:00
Merci Pat pour cette traduction de ce cher Murray!!! C'est élairant, merci encore...
mercredi, mars 14 2007 | 04:32
Au passage j'ai découvert Isabelle Paterson, c'est un régal.
mercredi, mars 14 2007 | 10:59
Bravo pour cette initiative, Patrick ! Un texte lumineux et incisif du grand Rothbard qui devrait faire réfléchir les "modals" qui s'en réclament abusivement.
samedi, mars 17 2007 | 09:09
Bonne initiative. Par contre je pense que "Le droit de tuer... dans la dignité" serait quand même une traduction plus élégante du titre.
samedi, mars 17 2007 | 09:27
J'ai en effet différencié le titre du post de celui de l'article (que j'avais pour le coup oublié de traduire).
J'ai aussi adouci la fin qui est sans doutes est un peu rude en version française, je suis sûre qu'il me pardonne là où il est. :-)
mercredi, avril 29 2009 | 16:43
Merci Pat pour cette traduction de ce cher Murray!!! C'est élairant, merci encore...
jeudi, septembre 3 2009 | 16:28
je passe souvent sur ce blog jadoooore cette facon de voir les choses
mardi, décembre 29 2009 | 04:23
bonne fete les amis :) merci
jeudi, janvier 14 2010 | 21:31
"D’où la justice à t’elle reçu le droit de décider de la vie et de là mort ?" : Mais aux USA avec la peine de mort elle le fait déjà alors pourquoi s'arrêté en si bon chemin et ne pas réduire les frais médicaux que coute les "vieux" au passage.
vendredi, janvier 15 2010 | 03:55
jaimerai vous feliciter pour ce topic explicite qui m a enormement aide dans mes recherches merci
jeudi, février 4 2010 | 11:34
Bnjour
IL y a des généralistes qui se désintéressent du patient en fin en vie, ça revient un peu au même. Et quand un médecin réanimateur dit il reste 6 mois à vivre à cette personne(d'ailleurs ces 6 mois feront peut être 2 ans), à 1200euros la journée, il serait mieux de débrancher la personne au bout d'une semaine.
Alors qu'au bout de 1 mois dont 3 semaines de réanimation la personne sort de l'hopital, là on va plus loin que la proposition américaine décrite. ;-)